09 octobre 2007

Dans la boue de Passchendaele, ... le Craonne des néo-zélandais

« Je suis mort en enfer (on l'appelait Passchendaele); ma blessure était légère et je rentrais en clopinant; c'est alors qu'un obus a explosé sur les caillebotis; je suis tombé dans la boue profonde et les ténèbres m'ont englouti. » Siegfried Sassoon

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La Nouvelle Zélande commémore actuellement le 90ème anniversaire de la bataille de Passchendaele ou 3ème battaille d'Ypres en octobre 1917. Sur une période de trois mois, la bataille de Passchendaele a fait un demi-million de victimes chez les Alliés et les Allemands.

C'est bataille a souvent été renommé : la bataille de la boue

En juillet 1917, Sir Douglas Haig, commandant des forces britanniques, déclenche dans les Flandres son offensive controversée; son plan est de prendre contrôle de têtes de lignes stratégiques et de s'emparer des bases sous-marines aménagées par l'ennemi sur la côte belge. Après avoir inspecté le terrain transformé en bourbier, le lieutenant-général Currie proteste auprès d'Haig, estimant que c'était envoyer les hommes à la boucherie et refuse de se battre sous le commandement de la Cinquième Armée. Ses objections ne changent rien (si ce n'est qu'il s'est battu sous le commandement de la Deuxième Armée) et l'attaque est préparée avec le plus grand soin. Le succès remporté à Messines  en juin (A la suite d'explosions de mines géantes posées sous terre par les mineurs anglais, le 7 juin, les Néo-zélandais et Anglais prennent Messines mais ne progressent pas ensuite) avait pourtant bien laissé augurer de la chose; malheureusement, des retards de plusieurs semaines attribuables aux exigences logistiques et à l'indécision politique annulent l'avantage conféré.

[Plus au sud, l'offensive française sur le Chemin des Dames déclenchée par le général Nivelle est un véritable désastre - bien que les troupes gagnent du terrain, les résultats sont de loin aussi concluants que ce qu'avait promis Nivelle. Perdant quelque 200 000 hommes, l'armée française connaît toute une série de mutineries qui la paralysent pendant quelques mois et la confinent aux opérations défensives.]

La deuxième et véritable offensive débute à la fin de juillet par un bombardement d'artillerie d'une rare violence, qui non seulement alerte l'ennemi, mais en plus laboure le sol; il n'y a plus que nids-de-poule et poussière. Inhabituelles en cette période de l'année, de fortes pluies tombées la nuit même de l'offensive transforment vite le terrain en un bourbier impraticable. Les gains impressionnants du premier jour sont perdus. Montant péniblement à l'assaut, les troupes britanniques se voient infliger des pertes effroyables par les mitrailleuses allemandes enfouies dans des casemates de béton. Mais en septembre, le soleil réapparaît et de nouvelles tactiques sont employées - une série d'opérations consistant à faire de petites avancées et à tenir les positions acquises - que les Allemands ne savent pas vraiment contrer et qui leur infligent d'énormes pertes.

C’est au cours de cette nouvelle bataille que les Allemands utilisent l’ypérite. Au début d'octobre, bien qu'aucun des objectifs stratégiques ne soit tombé (malgré la capture d'une portion importante des hauteurs depuis lesquelles les Allemands dominaient Ypres depuis des années) et que les troupes britanniques soient au bord de l'épuisement, les combats se déplacent sur la crête de Passchendaele, dans une mer de boue, ou les Britanniques perdent 26 000 hommes dans la journée du 4 octobre. Pour les néo-zélandais ce sera le second assaut, le 12 octobre 1917, qui occasionnera les pires pertes (en 2 heures plus de 2 800 soldats NZ furent tué, portés disparus ou blessés, la journée la plus désastreuse de l'histoire militaire néo-zélandaise).

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Ferme à Passchendaele. Photo Kippenberger library collection

Néanmoins,  Haig décide de tenter une nouvelle attaque. Le Corps d'armée canadien reçoit l'ordre de prendre la relève des forces décimées d'Anzac dans le secteur d'Ypres et de se préparer à prendre d'assaut Passchendaele. Au cours d'une série d'assauts déclenchée le 26 octobre, 20 000 soldats pris sous un feu nourri progressent pouce par pouce, cratère par cratère. Puis, le 30 octobre, les Canadiens attaquent Passchendaele proprement dit avec l'aide de deux divisions britanniques. Ils atteignent les abords dévastés du village par un violent orage et, cinq jours durant, tiennent pied, souvent empêtrés dans la boue jusqu'à la taille, sous une pluie d'éclats d'obus allemands. Le 11 novembre, le nombre d'assaillants tués totalise 4 028. En prévoyant 16 000 pertes, Currie avait hélas vu juste; en fait, 15 654 hommes ont laissé leur vie dans le saillant. Les forces alliées avaient trouvé leur Golgotha à Passchendaele.

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Tyne cot cemetary- Photo NZDF

sources :

http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichepage.php?idLang=&idPage=441

http://www.nzdf.mil.nz/news/feature-stories/20070724-pwiaa.htm

http://www.flanders1917.info/55-October_12_-_Passchendaele.htm

http://www.ambafrance-au.org/article.php3?id_article=539

http://vestiges.1914.1918.free.fr/Yser.htm

http://masseynews.massey.ac.nz/magazine/2004_April/stories/review-1.html

http://www.diggerhistory.info/pages-nz/nzef.htm

Bibliographie :

"Spring Offensive: New Zealand and the Second Battle of the Somme" par Glyn Harper  éditions HarperCollins.

Posté par coconz à 13:01 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Dans la boue de Passchendaele, ... le Craonne des néo-zélandais

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